L'Espace Citoyen de Maurepas

accueil

prochain débat

réunions-débats

contributions écrites

notes de lecture

liens

 

 

Point de vue sur : Le temps partiel, un marché de duppes ?, Tania Angeloff, 2000.
Edition Syros, Paris.
 

Cette monographie s'appuie à la fois sur des études antérieures et sur des enquêtes de terrains.

Elle analyse la situation du travail à temps partiel dans les contextes suivants :

  • deux entreprises du secteur industriel,
     
  • un magasin de grande distribution,
     
  • la poste, entreprise mixte entre le secteur privé et le secteur public,
     
  • le secteur de la propreté et de l'aide à domicile.
     

L'introduction rappelle quelques données à propos de l'histoire du temps partiel : il existe depuis le XIX° siècle, mais n'est réglementé que depuis 1973 pour le secteur public et depuis 1981 pour le secteur privé.

Le livre expose ensuite les enquêtes de terrains, tout en confrontant les résultats immédiats aux travaux déjà existants. Les enquêtes démontrent un certain nombre d'inégalités relatives au temps partiel :

  • Il touche beaucoup plus les femmes que les hommes : 31,1% des femmes actives sont à temps partiel, contre 5,1% pour les hommes. 82 % des personnes à temps partiel sont des femmes.
     
  • A cette discrimination quantitative s'ajoute une perception différente du temps partiel : il est souvent conçu comme une période transitoire pour les hommes (avant un temps complet pour les jeunes ; période de préretraite pour les anciens) mais comme une situation définitive pour les femmes.
     
  • Le temps partiel résulte fréquemment d'un accord individuel qui échappe aux accords collectifs. Ainsi, dans certaines sociétés, un temps partiel peut correspondre à 32 heures travaillées, tandis que des accords d'entreprise combinés à la RTT (Réduction du Temps de Travail) conduisent à des horaires à temps pleins de 33,25 heures. L'annualisation fait que les salariés à temps plein ou à temps partiel ont des temps de travail similaires pour des rémunérations fortement différentes.
     
  • Pour les cadres, le passage à temps partiel est souvent accompagné d'une perte de responsabilité, qui n'est pas toujours justifiée. Souvent, une personne est évaluée par son temps de présence plus que par sa productivité réelle.
     

Cette étude montre aussi qu'un certain nombre d'idées reçues sur le temps partiel sont erronées :

  • Le temps partiel touche particulièrement les moins de vingt ans et les plus de soixante ans. Il ne peut donc en aucun cas s'assimiler au temps partiel des mères de famille.
     
  • Même chez les personnes ayant volontairement demandé le temps partiel, en approfondissant l'entretien, il s'avère que le temps partiel sert à fuir une mauvaise ambiance ou trop de contraintes dues à un nouveau management.
     

Le sujet était de répondre à l'alternative : le temps partiel est-il un marché de dupes ou un marché imparfait porteur de promesses ? L'étude y répond plutôt par la première proposition dans une enquête sérieuse, qui donne lieu à une argumentation convaincante.

Un livre à lire, surtout par ceux qui envisagent de travailler à temps partiel, et par tous ceux qu'une amélioration du droit de travail intéresse.


Extrait de la page 4 de couverture :

Tania Angeloff est sociologue et maître de conférence à Paris IX-Dauphine

Préface de Margaret Maruani qui est sociologue directrice de recherche au CNRS et fondatrice du GDR (CNRS) "marché du travail et genre" (MAGE).

Olivier Jeannot, février 2000

 

Cette page a été lue fois.


Copyright : espace citoyen de Maurepas