L'Espace Citoyen de Maurepas

accueil

prochain débat

réunions-débats

contributions écrites

notes de lecture

liens

 

 

Point de vue sur : L'Europe que nous voulons, Yves Salesse, Fayard, 1999.

 

Accessible et pourtant rarement en défaut dans la rigueur de ses démonstrations, cet ouvrage est d'une grande importance dans les contextes politiques des mois et années à venir.

La première partie y est consacrée à l'analyse de l'Europe qui s'est construite, sur les plans de ses institutions comme de ses objectifs économiques.
Elle dresse le constat d'un échec patent dans le domaine social et , plus largement, politique, par la construction quasi exclusive de l'Europe des marchés, où la sacro-sainte règle est le respect de la libre concurrence. Voilà en résumé pour le volet économique.
Y sont aussi examinés les ressorts complexes des institutions, les modes d'élaboration des décisions communautaires, les traités, qui tous laissent trop de place aux négociations secrètes et échappent ainsi au contrôle des populations.
C'est toute la légitimité de l'Europe existante qui est mise en cause par un auteur maîtrisant suffisamment son sujet pour l'exposer clairement sans l'appauvrir.

La seconde partie de l'ouvrage est l'exposé d'un programme d'orientations nouvelles pour l'économie européenne et de réformes des institutions. Cela est proposé modestement mais fermement comme le point de départ d'une réflexion dans la volonté d'engager des changements profonds.
S'appuyant sur de nombreux ouvrages ou des articles, sur des analyses de cas assez précises, l'auteur démontre la nécessité de réguler par des mesures contraignantes le marché européen, lequel pourrait dès lors "desserrer l'étau du marché mondial". L'échec de l'interventionnisme d'Etat des gouvernements de gauche précédents est aussi analysé, succinctement.
Cette orientation politique ne pourrait s'affirmer que si les citoyens peuvent faire pression sur sa mise place et contrôler cette dernière, c'est pourquoi l'ouvrage se termine par des propositions institutionnelles, contrepoint de la critique de la première partie.
Le débat idéologique se résume à un choix entre intérêt général des peuples et intérêt des capitaux car pour le reste, les arguments sont d'ordre technique.

Un livre urgent en somme, pour tous ceux qui, ne serait-ce qu'en plaçant un bulletin dans une urne - mais cet ouvrage est sous-tendu par la nécessité d'une participation démocratique plus active - souhaitent opérer des choix politiques humanistes.

Valérie Jeannot, mai 1999

 

Cette page a été lue fois.


Copyright : espace citoyen de Maurepas