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Les notions de Droite et de Gauche correspondent-elles encore à des réalités politiques ? Débat du 20 juin 2000 |
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Texte de l'invitation au débat Les notions de Droite et de Gauche correspondent-elles encore à des réalités politiques ? Les valeurs de progrès et de changement justifient-elles ce clivage traditionnel ? C'est une nouveauté, plus de la moitié des Français considèrent que les notions de droite et de gauche ne recoupent plus la réalité des valeurs et des pratiques politiques. Venez en débattre avec nous, faire part de vos questionnements, de vos analyses, de vos aspirations. |
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A l'origine la question de la pertinence du clivage droite-gauche avait été soulevée lors du précédent Espace citoyen de Maurepas, lorsqu'il s'était agi de savoir si l'espace devait accueillir seulement des gens qui se considéraient de gauche ou s'il fallait tenir compte de la difficulté pour certains de se reconnaître dans ces catégorisations. Jérôme a introduit le débat en soulevant le fait que, en raison de l'emprise grandissante de l'économie, le langage politique est devenu peu lisible. De plus, selon lui, dans le cadre du système politique français, pèse une certaine lourdeur étatique, et les partis politiques ne jouissent pas de la confiance d'une majorité de Français, d'où l'émergence d'acteurs de la société civile. Cet ensemble de données peuvent concourir à une dépolitisation, en défaveur de la démocratie et facteur de succès pour les dérives populistes et racistes de l'extrême droite. L'idéologie qui consiste à véhiculer l'idée que le clivage droite-gauche est dépassé relève d'une stratégie politique, selon Jean-Jacques, laquelle vise à mettre les gens dans un carcan de pensée. Une semblable désinformation est manifeste pour lui dans le fait que les propositions exactes du MEDEF ne sont nulle part présentées intégralement et clairement, alors même que la précarité est d'une durée de plus en plus longue pour les salariés. L'omniprésence de l'Etat est critiquée par ceux-là même qui réclament des aides pour leurs entreprises. Pour Richard, les valeurs de progrès et de changement sont bien à gauche. Le passé des luttes pour la liberté et le progrès social ne peut être gommé mais il est vrai que la chute des pays de l'Est intervient pour enrayer certains espoirs. Par ailleurs, Jacques Chirac a rassemblé des suffrages sur la "fracture sociale" tandis que Daniel Cohn Bendit et F. Bayrou appellent ensemble à une constitution pour une Europe fédérale. Les gens de gauche et de droite se retrouvent aussi contre l'homophobie. Pourtant une démarcation est patente : on ne trouve pas à droite de débat sur la contradiction entre le capital et le travail. Soit c'est l'homme, soit c'est l'argent qui prime. Et l'essentiel du problème se résume à cette alternative : est-ce qu'on va combattre le libéralisme ou est-ce qu'on va l'adapter ? Mais la discussion doit avoir lieu à la base car à chaque fois que l'on essaie d'imposer d'en haut la démocratie cela ne marche pas. Les promesses des partis ne sont pas toujours tenues et ils ont beaucoup à faire pour renouer avec les citoyens. Saisissons cette occasion des prochaines élections locales. Valérie tente d'expliquer l'origine du désarroi par rapport à la distinction droite-gauche. Un certain nombre de valeurs et de projets sont communs à des partis des deux pôles. L'U.D.F. en particulier met en avant, entre autres : la nécessité d'une réforme des institutions françaises (par-delà le quinquennat sec), l'urgence d'une constitution européenne, la culture d'entreprise, la culture de liberté, la solidarité, la résorption des inégalités dans et par l'Education. Par ailleurs, les partis de gauche évoluent au sujet des rôles de l'Etat, s'interrogent. Depuis plusieurs années le parti socialiste met en avant la conception d'un Etat régulateur en terme d'économie mais non producteur de biens. Les pouvoirs économiques conférés à une Europe libérale confortent et orientent ces positions communes aux gouvernements sociaux-démocrates. La refondation sociale, par exemple, que le MEDEF veut imposer grâce à un accord avec des syndicats, dans laquelle la mise à l'écart d'un Etat, arbitre dans le meilleur des cas, inquiète, s'inscrit dans le cadre de la subsidiarité de la loi par rapport à la négociation collective, imposée par les traités de Maastricht et Amsterdam. Néanmoins, il lui semble que la défense du salariat reste un objectif très clair de la gauche seule. Elle rappelle aussi la récente loi "de gauche" votée par le Parlement français, qui préserve les sociétés mutuelles : celles-ci risquaient en effet de tomber sous le coup de la loi européenne relative à la concurrence déloyale par rapport aux entreprises d'assurance privées devant dégager des bénéfices. Jacques estime, quant à lui, qu'une évolution assez forte marque la société ces vingt dernières années. Depuis 81, se succèdent des majorités dont aucune ne retrouve de légitimité lors de l'élection suivante. Les électeurs ne retrouveraient donc pas dans les actes les options sur lesquelles ils ont voté. Et ce n'est pas en effet sur les valeurs affichées qu'il faut juger chaque formation politique mais sur les actes. Le brouillage des cartes est renforcé sans doute, poursuit-il, par le fait que la droite est en panne de projet : c'est le MEDEF qui joue le rôle des partis politiques de droite. A l'opposé, la couverture sociale continue de marquer la vie politique de notre pays, les conquêtes dans ce domaine y ont toujours été des moments forts. Aujourd'hui les grandes fortunes, les puissants groupes financiers excèdent le cadre des nations et des politiques. La mondialisation joue ainsi, à l'égard de la perte de pertinence du clivage droite-gauche un rôle prépondérant. Jérôme nous demande alors si le regroupement "gauche plurielle" ne contribue pas à brouiller les cartes. Jacques répond qu'il faut confronter l'identité de chaque parti à la réalité du monde. Pour Paul, une société n'avance qu'à travers des clivages. Il faut qu'ils soient pertinents, explicables culturellement. On est actuellement dans une lutte de concepts par rapport à une réalité insaisissable. Le clivage droite-gauche décline en raison du dilemme marché - Etat. Les Français attendent autrement d'Etat. Peut-être, suppose alors Paul, y a-t-il à creuser l'économie mixte. Il faut aussi progresser sur le nationalisme et l'Europe. Par rapport à l'ensemble de ces points, les Verts proposent deux critères qui créent une dynamique : une prise de position contre les excès du libéralisme d'une part, la crédibilité dans la répartition des pouvoirs d'autre part. Eric considère que le libéralisme engendre cette confusion. Au début du XIXe siècle, les libéraux passaient pour des gens de gauche. Les partis au centre aujourd'hui, dans leur majorité prônent un libéralisme plus ou moins social. Il rappelle aussi que la droite gaullienne était assez étatique et que par conséquent la demande du "moins d'Etat" s'avère récente aussi à droite. Eric conclut que, pour lui, l'Etat, réelle représentation du peuple, doit combler les inégalités tandis que, selon la doctrine libérale, le marché se régule de lui-même. Christian déplore le fait que l'on tente de nous faire croire que tout est compliqué. Il ajoute qu'a contrario il est simple de constater qu'il n'y a pas de citoyenneté dans l'entreprise. Le salarié n'y a pas le droit de faire une proposition, ou plutôt celle-ci, pour être appliquée, doit obtenir l'unanimité. Par contre, le MEDEF peut signer un accord avec seulement deux syndicats ! Cet état de faits génère de l'individualisme dans l'entreprise. Il est urgent de se demander comment revenir à la décision collective, avancer ensemble et non pas les uns contre les autres. Il s'agit de trouver comment peser contre les pouvoirs abusifs. Enfin il serait bon aussi que ce soient les actes proposés qui motivent les votes et non telle physionomie ou tel service rendu. Il faut que les élus prennent des décisions à partir de propositions des citoyens regroupés pour faire valoir une demande collective. Les participants concluent à la nécessité pour l'Espace citoyen de poursuivre et d'étendre son action en faveur de la commande citoyenne, de l'appropriation par chacun des paroles et des actes politiques. Le collectif d'animation |
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